Climat et médias

consommation mode de vie Nov 28, 2017
C’est une foule dense qui s’est pressé dans l’amphithéâtre de la HEP Lausanne, un soir grisouille de novembre. L’objet de toute cette attention : une conférence menée par Martin Beniston sur le rapport sulfureux entre climat et médias. Comment la presse traite-t-elle le sujet ? Quel rôle jouent les réseaux sociaux? Quid des vagues de fake news à des fins d’audience ? En pleine réflexion sur la transposition des étapes de deuil à l’acceptation des enjeux climatiques, je prends ma place dans l’amphi. Dans le public, des étudiants, des scientifiques et peut-être, quelques journalistes.

Dans les grandes lignes, Martin Beniston, directeur de l’institut des sciences de l’environnement à Genève décrit l’évolution de notre rapport à l’information, en lien avec de nouveaux outils, tels que les réseaux sociaux. Il aborde l’impact de ces nouvelles formes de communication sur la diffusion de connaissances essentielles sur l’état réel du climat. Précis, il prend soin d’énoncer des faits scientifiques démontrés pour poser un socle d’information fiable.

Les faits qu’il énonce sont alarmants mais lui-même n’est pas alarmiste. Il se tient à son sujet : la diffusion d’informations fiables et la relation entre climat et médias. La nécessité de comprendre l’évolution du climat pour comprendre dans quelle dynamique on se place.

In fine, il aborde une nouvelle responsabilité des scientifiques qui émerge dans le contexte: celle d’accompagner la mise à disposition des conclusions de leurs recherches vers un public non initié.

La conférence « Climat et médias » en 8 points-clefs :

  • Aujourd’hui, un tweet de 140 caractères peut avoir autant de poids dans l’opinion publique que des années de recherche.
  • A des fins d’audience, les médias recherchent la confrontation et non le consensus (format débat pour/contre)
  • En utilisant l’outil « débat », ils donnent à voir deux communautés de poids identique (50% pour et 50% contre la reconnaissance des problèmes climatiques) alors qu’en réalité, un large consensus rassemble la communauté scientifique (plutôt 10% dubitatifs et 90% convaincus). Il relève au passage que certains postes de recherche sont créées par des lobbies.
  • Le réchauffement climatique est une réalité.
  • Le lien avec les activités humaines est démontré.
  • Ce n’est pas seulement le réchauffement qui est inquiétant, c’est surtout sa rapidité (un changement qui a lieu en quelques dizaines d’années au lieu de quelques centaines d’années ne permet pas l’adaptation)
  • Les scientifiques ont quelques responsabilités dans la désinformation actuelle sur le sujet climatique. Ils adoptent volontiers une attitude de défense ou de justification méthodologique exagérée. D’une manière générale, ils ne sont pas formés à la communication. Il sont parfois victimes d’un effet « focus » : ayant passé des milliers d’heures sur leur sujet, ils ont du mal à s’en distancer et à prendre su recul sur leur thématique.
  • Le scientifique doit assumer son rôle éducatif et fournir aux non-initiés des outils pour mieux utiliser et pondérer l’information qui circule sur internet.

Voici quelques images éloquentes et vulgarisées de la situation. Pas de surprise ni de place pour le déni.

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