Un lombricomposteur pour cycler nos déchets organiques.

en pratique permaculture Oct 06, 2017

Dans la série des animaux domestiques, le lombric n'est pas une proposition très intuitive et pourtant… Silencieux, efficace, docile, il fait sensation quand on mentionne son existence dans une cuisine. Aujourd'hui, nous vous invitons à la découverte du lombricomposteur d'appartement. 

Il fut un temps où nous avions un chat. Devenu très jaloux à la naissance de notre fils, il a choisi d'aller passer une retraite paisiblement chez ma belle sœur avant de finir ses jours paisiblement. Pour nous, c'en était fini des animaux domestiques. Il faut dire qu'avec deux enfants d'appartement, ça nous suffisait largement. Jusqu'au jour où j'ai lancé l'idée pour le moins saugrenue d'installer une colonie de lombrics sur le balcon. Je vous laisse imaginer la tête des enfants qui aurait plus signé pour des animaux à poils ou à plumes. Que nenni, nous n'étions pas en manque de câlins et la finalité de l'exercice, c'était de transformer nos déchets de cuisine en terreau fertile.

Après pas mal de recherches, nous avons opté pour un modèle en bois (il y a, à mes yeux, quelque chose d’absurde dans la conception de lombricomposteur en plastique non recyclable, mais c’est une autre débat) et accueilli une colonie mêlant des vers eisenia foetidia (Que l’on nomme aussi vers rouge ou ver tigré) et eisenia andreï. Ces derniers ont, à ce qu’on dit, l’avantage d’un caractère docile: ils ne sortent jamais du composteur comme pourraient le faire d’autres espèces plus enclines à l’exploration territoriale. Un détail pas très ragoutant, qui a son importance au quotidien.

Après quelques «couacs» (trop d’eau, trop de marc de café, trop chaud, trop froid ou trop de déchets d’un coup qui nous ont valu (dans le désordre): une vague de décès, une invasion de moucherons, de moisissures ou quelques odeurs), on a commencé à bien s’entendre avec notre colonie de vers de terre. Non pas qu’on se côtoie tous les jours, mais franchement, ils font du bon boulot et savent se faire oublier. Le lombricomposteur est devenu une poubelle de tri parmi les autres (papier, PET, alu), à laquelle on confie restes de fruits et de légumes, coquilles d’œufs, carton brut, thé et marc de café et feuilles mortes à l’automne.

N’imaginez tout de même pas remplir vos jardinières dès la semaine prochaine il nous a fallu presque une année pour générer 5 litres de compost hyper fertile via notre lombricomposteur. Et c’est là toute la magie: une année de déchets organiques réduits à 5 litres. En termes de conversion de volume, ça laisse admiratif. Vivement que l’on puisse faire la même chose avec les emballages!
Aujourd’hui, il nous semble évident que ces déchets-là sont une ressource et non des moindres puisque l’effet sur les plantes est tout simplement bluffant. La boucle magique a commencé à se boucler cet été, lorsque je confiais au lombricomposteur les débris de laitues qui avaient poussé sur le terreau créé l’an passé.

Autre avantage : les lombrics, ça se partage. Pour créer une nouvelle colonie, il suffit d'en prélever quelques-uns et de les recevoir dans un milieu propice. Ok, seulement aux initiés. La vue des lombrics ne ravit pas autant les foules qu'un bébé chat, nous sommes bien d'accord.

In fine, la démonstration de l'abondance est faite : prenez quelques déchets, appliquez-y le bon acteur, vous pouvez en enrichir et partager. Ce que ça nous a demandé? Regarder un peu au-delà de nos préjugés.

Un bon entraînement pour la suite, pour apprendre à poser ce même regard un peu curieux sur d'autres domaines de l'économie.

 

Le principe du lombricompostage

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